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Patrice

L’article de Noël

Il y a une tradition américaine que nous n’avons jamais importé en France, pas même en Guadeloupe - et pourtant, ma chère île importe tout ce qu’elle peut. Cette tradition, c’est celle de Thanksgiving. La fête en question, qui a lieu quelques semaines avant Noël, est la célébration du sauvetage des colons du Mayflower par les Indiens.

Ce que cette fête de Thanksgiving a d’intéressant, c’est qu’elle est l’occasion de dire “merci”. D’où son nom, qui signifie Action de grâces.

Pour cet article de Noël, je voudrais importer momentanément la tradition américaine sur ce blog, et dire merci à une personne en particulier : mon père.

Papa,

Quand tu es venu assister à l’une de mes séances de coaching le mois dernier, j’étais un peu nerveux. C’était la première fois que tu allais voir concrètement mon travail, et ce que je fais au sein de mon entreprise. Après tous les cheveux blancs que je vous ai fait prendre, à toi et maman, quand j’ai décidé de refuser les emplois qu’on me proposait et de partir à l’aventure, il fallait que je te prouve que ça en valait la peine.

En me rendant à la salle que j’avais louée pour l’occasion, en compagnie des journalistes venus filmer un documentaire sur mon activité, j’avais le même trac que pour un examen de passage. Qu’est-ce que tu allais penser de mon travail ? Difficile de me rappeler les témoignages de satisfaction de mes anciens clients, de voir l’enthousiasme de mes clients de ce jour-là ou de penser aux caméras de M6 alors que cette question me trottait dans la tête.

Quand je suis arrivé sur les lieux de l’atelier, tu étais là. Et quand je t’ai dit bonjour, je me suis souvenu de tout. Je me suis souvenu que tu m’as toujours soutenu, que tu vois ce que je fais avec ton coeur et non avec tes yeux, et que tu n’étais absolument venu pour juger. Et je me suis souvenu aussi de ce que tu m’as appris : ce qui est important, c’est de croire à ce qu’on fait et de se donner à fond. Et j’ai fait exactement ça. Je fais exactement ça depuis que je suis parti faire mes études il y a 6 ans.

Une fois l’atelier terminé, alors qu’on prenait ensemble un café à la gare avant ton départ, j’étais impatient d’entendre ton opinion sur ma prestation. Les premiers mots sont les plus importants. Tu as dit que tu étais impressionné. Ca m’a fait extrêmement plaisir. Je sais que tu as animé ou assisté à d’innombrables formations, séminaires et présentations du fait de ton métier, et les compliments sincères que tu as fait sur mon atelier m’ont d’autant plus touché. Ils ont donné un sens à toutes les heures passées à imaginer, rédiger, réécrire, faire des brainstormings, me former à la formation, et concevoir ces ateliers.

Aujourd’hui, mon entreprise continue à se développer et j’ai encore de grands projets pour les prochains mois. Je vis un rêve. Et je sais que c’est grâce à toi et maman que tout cela est possible aujourd’hui, c’est pourquoi je veux te dire merci.

Cet article est mon cadeau de Noël. Il est trop court pour te remercier autant que je devrais, mais c’est un début ! Je m’excuse d’avoir utilisé un ordinateur comme intermédiaire, mais vu que j’ai déjà les yeux trempés de larmes en l’écrivant, j’aurais eu du mal à exprimer tout cela de vive voix de façon compréhensible.

Encore une fois, papa,

Merci

Patrice

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Le chemin a été long depuis que j’ai obtenu, avec mention, le diplôme d’Ingénieur de l’Ecole Centrale de Nantes. Dans la foulée, j’effectuais un stage chez Unilog IT Services, société de services en ingénierie informatique. Un rêve de 6 ans.

A la fin de ce stage, ils m’ont proposé une offre d’emploi, que j’ai poliment déclinée, tout comme j’ai décliné les offres d’autres entreprises avec qui j’ai eu des entretiens comme Solucom et Exakis. J’ai aussi donné une fin de non-recevoir à environ une dizaine d’autres sociétés de service qui avaient découvert mon CV d’ingénieur centralien sur Internet, et souhaitaient me rencontrer (j’ai encore reçu une sollicitation cet après-midi).

Non, je ne souhaite plus travailler en société de service en Informatique. J’ai décidé de “me mettre à mon compte”. Et c’est tout naturellement que j’ai cherché dans mes compétences, le métier que je pourrais exercer. Professeur de danses latines ? Webmestre indépendant ? Ces filières ne représentent pas pour moi un projet-rêve.

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Ne confondons pas témérité et bon sens

Je viens de regarder avec ma petite soeur un dessin animé qui s’intitule Kirikou et les Animaux. C’est la suite du célèbre “Kirikou et la sorcière“. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Kirikou est un petit bébé Africain qui, dans le dessin animé, sauve à maintes reprises son village de la famine et de la persécution de la sorcière Karaba.

Kirikou et les bêtes sauvages

Le scénario-type qui revient le plus souvent dans les aventures de Kirikou est le suivant : tout va pour le mieux dans la charmante savane de Kirikou, jusqu’à ce qu’un événement funeste affecte la vie de tout le village. Par exemple, tous les adultes se retrouvent empoisonnés par une herbe toxique dont le seul antidote est une autre fleur. Cette autre fleur pousse uniquement dans le jardin de la sorcière Karaba, lequel est protégé par une farouche armée maléfique.

Alors que tous ses compagnons pleurent leur désespoir, le petit Kirikou, haut comme trois pommes, leur demande leur aide pour relever le défi que représente cette situation catastrophique. Le plus souvent, il se retrouve seul face au danger, mais le petit héros parvient toujours à s’en sortir et à sauver la mise.

Ce qui est très intéressant dans le personnage de Kirikou, c’est qu’il n’est pas particulièrement téméraire. En fait, le petit héros du dessin animé est tout aussi terrifié par les animaux sauvages et les sortilèges de la sorcière que tous les autres. Ce qui fait que Kirikou affronte le danger, c’est qu’il est plus clairvoyant.

Soit on prend notre courage à deux mains, et on va chercher cet antidote, soit on meurt tous. Soit on choisit 1 chance sur 10 de s’en sortir, soit on choisit pas de chance du tout.

Pas trop difficile comme choix, quand on présente les choses ainsi !

Je trouve intéressant de me demander de temps à autre quelles sont mes chances de réussite -ou de survie !- selon que je décide d’agir ou de rester immobile. La dernière fois, c’était pour ma décision de participer ou non à des reportages dans la presse. J’ai vite fait le calcul : Risque de faire faillite ? Reportage 0, Refus 0. Avantage potentiel pour mon business ? Reportage 10% de chances, Refus 0. Risque d’avoir l’air idiot ? Reportage 10%, Refus 0. Je n’aime pas trop les options “zéro partout” de façon générale. J’ai pris le “risque”, j’ai fait les reportages, et je me suis éclaté.

Quelles sont les occasions où un peu de clairvoyance vous a apporté davantage de courage ? Je serais heureux de lire vos anecdotes et commentaires,
Patrice