Nous ne sommes pas de bons samaritains

Je viens de découvrir une vidéo de Daniel Goleman sur le thème de la parabole du bon samaritain.

Dans cette courte parabole de la Bible, Jésus raconte l’histoire d’un voyageur juif, attaqué et blessé par des bandits alors qu’il traversait la montagne d’une ville à une autre. Le voyageur, laissé pour mort sur le bas-côté, sollicite l’aide d’un prêtre juif, qui passe un peu plus tard par ce chemin. Le prêtre fait mine de ne pas le voir, et continue sa route. La même chose se produit avec un autre écclésiastique, qui a peur d’être lui aussi victime d’un vol, et presse davantage le pas - sans s’occuper du pauvre blessé. Vient alors à passer un Samaritain - à cette époque, les Juifs et les Samaritains s’entendaient aussi mal que les Israëliens et les Palestiniens d’aujourd’hui. Et, dans cette parabole, le Samaritain s’arrête pour porter secours au voyageur juif, sans poser de questions, alors que les prêtres eux-mêmes n’ont pas bougé le petit doigt pour aider un de leurs frères.

La parabole du bon Samaritain sert, dans le Nouveau Testament, à inciter le chrétien à s’intéresser au sort de son “prochain” -c’est-à-dire au sort de toute personne, même inconnue, qui pourrait avoir besoin de son aide.

Mais nous sommes trop pressés pour être de bons samaritains

Dans une étude menée en 1973 par les sociologues Darley et Batson, des étudiants de l’université de théologie de Princeton ont été confrontés - à leur insu - à un “test” de cette parabole. Ils devaient préparer, individuellement, une émission de radio sur un thème choisi au hasard (la moitié d’entre eux devaient justement parler de cette parabole). Sur le chemin entre leur université et le studio d’enregistrement, se tenait un homme visiblement souffrant, toussant et râlant.

Que se passe-t-il ?

L’expérience a prouvé que le thème préparé par les étudiants pendant les heures précédentes n’influait pas le moins du monde sur les réactions de ceux-ci. Par contre, un facteur majeur influait sur leur altruisme : le temps.

Les étudiants largement en avance sur l’heure de l’enregistrement de leur émission ont été 63% à aider le pauvre homme.
Ceux qui étaient tout juste à l’heure ont été 45% à prendre quand même un instant pour s’assurer que l’homme allait bien.
Et ceux qui étaient en retard… Eh bien, seuls 10% d’entre eux se sont portés au secours du souffrant.

Quelle conclusion tirer de cette étude ?

La première : évitez d’être malade dans un lieu où les gens sont trop pressés pour vous aider :)
Plus sérieusement, il est prouvé que nous sommes beaucoup moins attentifs à la douleur d’autrui quand notre attention est accaparée par des éléments aussi futiles que notre retard ou nos pensées trop concentrées sur notre travail.

Que faire pour garder bonne conscience si on se sent l’âme d’un bon samaritain ?

La solution que je me suis trouvée est simple : faire en sorte de ne pas être “trop pressé” pour voir ceux qui peuvent avoir besoin d’aide - qu’il s’agisse d’un passant souffrant ou d’une vieille dame portant un sac trop lourd.

J’ai ralenti le pas. Si je veux vraiment être à l’heure, je pars en avance. Et dans tous les cas, je prends tout mon temps. J’espère donc que si je viens à croiser mon prochain et qu’il a besoin d’aide, je saurai le voir.

Patrice 

Déjà 2 commentaires

  1. pligg.com février 10, 2008 21:11

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  2. David avril 6, 2008 13:38

    Merci pour cet article, je le trouve très intéressant et positif. Je n’arrive toujours pas à t’imaginer pleurer dans les bras de ta copine toutefois :)

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