Couper les ponts derrière soi
Je viens de regarder (ou plutôt, d’écouter) une vidéo où Anthony Robbins raconte l’histoire de Sylvester Stallone à ses débuts. Sylvester Stallone, avant de devenir mondialement célèbre à 30 ans avec son film Rocky (1976), n’avait eu que peu d’occasions de travailler avec l’industrie du cinéma. Mais travailler dans le 7e art était sa raison de vivre. Il semble que Stallone aurait eu la possibilité de travailler avec sa femme, mais qu’il ait toujours refusé, de peur de se laisser “séduire par cette alternative”.
Et cette partie de son histoire a attiré mon attention parce que j’ai vécu la même chose.
Le jour où j’ai terminé mes études, j’ai été confronté à un choix difficile : travailler “quelques temps” en entreprise avant de monter la mienne, ou créer ma boîte tout de suite. Même si ce n’est pas du tout votre cas, vous devez sans doute voir ce qui rend ce choix difficile. Imaginez que vous avez un choix à faire qui va modeler votre vie pour les 5, 10, 20 années à venir. Et personne de votre entourage ne peut vous aider. Personne que vous connaissez n’a eu à faire ce choix. Mais tout le monde a un avis (contraire à votre instinct) : il vaut mieux commencer d’abord dans le monde de l’entreprise avant de se lancer… C’est plus sûr.
Malheureusement, non, ce n’est pas plus sûr, car
Tant que vous avez une voie de secours, vous aurez peur d’avancer
Dans le livre L’Art de la guerre, attribué au général Sun Tzu, on peut trouver le paragraphe suivant :
Placez vos soldats sur un terrain d’où ils ne peuvent fuir, et ils combattront désespérément. S’ils voient la mort en face rien ne les arrêtera. Les officiers et les hommes avanceront de la même façon leur force extrême.
Quel est le rapport entre cette stratégie militaire et vos objectifs ?
Si vous pensez que vous allez pouvoir travailler “juste pour un temps” dans une entreprise pour vous constituer un carnet d’adresses ou un peu d’épargne ou pour entreprendre en toute sécurité, alors vous vous ouvrez la voie la plus pantouflarde possible. Je ne crois pas qu’on puisse réussir un projet (professionnel, entrepreneurial, scolaire, familial) sans être à fond dedans et sans y croire. Si vous arrivez à un objectif en n’étant ni convaincu, ni engagé à fond, alors vous avez visé trop bas.
Je crois que je n’avais pas vraiment compris la phrase “A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire” avant ces dernières années passées dans la frustration d’avoir “réussi mes études” sans jamais en tirer pleine satisfaction.
En s’assurant de n’avoir aucun moyen de retour en arrière, on est obligé de se consacrer à 100% à ce qu’on a prévu de faire. Et même si vous ne souhaitez pas être aussi catégorique, vous gagnerez sûrement à penser davantage à votre projet plutôt qu’à “comment faire si j’échoue”.
Pourquoi me fouler dès cette année ? J’ai une deuxième chance l’année prochaine
J’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup d’étudiants destinés à des concours (j’ai moi-même fait une classe préparatoire), et il est impressionnant de constater la différence de mentalité et de résultats entre ceux qui n’ont pas d’autre choix que de réussir et ceux qui savent qu’ils ont une deuxième chance, ou une voie de garage. Si vous avez un concours à passer et que vous avez récemment employé dans vos conversations, vos emails ou votre courrier l’expression
“de toute façon, j’ai deux années pour le passer, donc cette année je vais faire le mieux possible pour me préparer mais ce sera autant d’acquis pour l’année prochaine si je dois repasser l’exam”
… alors prenez le téléphone, ouvrez votre boite mail, et recontacter tous les amis et toute la famille à qui vous avez tenu ce discours de perdant. Annoncez-leur fièrement que cette année vous allez les épater.
Si vous n’y croyez pas, personne n’y croira pour vous (bon, moi je croirai en vous quoiqu’il en soit, c’est mon métier
) . Et si vous croyez en vous, alors pourquoi chercher des portes de sortie ?
Il faut aussi réaliser que quelque soit votre domaine, scolaire, étudiant, salarié ou entrepreneur, les statistiques jouent contre vous si vous ne vous jetez pas à l’eau maintenant. Je peux le prouver :
- La quasi-totalité des majorants dans les concours “difficiles” comme celui de médecine, sont les primants, ceux qui le passent pour la première fois. Normal. Ceux qui se donnent à fond et s’organisent bien réussissent leur concours la première année, donc même si ils le passent tout juste, ils ne sont plus là pour se “perfectionner” et majorer en 2nde année. C’est le principe des concours. Ceux qui “redoublent” ont un retard à combler, pas une avance sur les autres.
En d’autres termes : laissez tomber l’idée de passer le concours “pour de vrai” l’année prochaine ! C’est maintenant que ça se passe ! - Selon Michel Coster (Centre des Entrepreneurs de l’EM Lyon), dans une interview accordée au Nouvel Objectif,
“Des gens en pleine ascension sociale qui gagnent très bien leur vie et qui quittent tout pour créer leur boîte, c’est assez exceptionnel. La majorité des créateurs ou des repreneurs sont plutôt des chômeurs victimes de licenciements ou de restructuration, qui profitent des Assedic pour lancer un projet.”
En d’autres termes : si vous prenez un job “en attendant”, vous êtes perdu ! Vous n’arriverez pas à partir ! Créez ! Vous serez plus heureux !
Je recommande aussi aux anglophones un article de Steve pavlina sur le désir de réussir, qui place “couper les ponts” en 1ere position parmi 8 propositions de stratégies.
Vos commentaires/suggestions sont les bienvenus,
Patrice
Encore une fois, un très bon article.
Cette idée est aussi développée dans “Réfléchissez et devenez riche”
http://img171.imageshack.us/my.php?image=p1000046pb8.jpg
ps: Je ne l’imaginais pas du tout comme ça A.Robbins
Kaizen
bon article en effet. Ce qu’il faut se mettre bien dans la tête c’est qu’il n’y a pas une recette pour tout le monde, un parcours type. Tout le monde a son chemin propre. Y a jamais de “bon moment” pour entreprendre, les difficultés sont différentes à chaque age de la vie.
Il faut y aller quand on est prêt dans sa tête c’est tout.
Très bon article .Prendre des décisions c’est comme parier ,ce n’est qu’à l’arrivée qu’on a connaissance du bon cheval .Le tout c’est de prendre des risques en adéquation avec ses convictions et sa vision de l’avenir.D’où la nécessité de trouver un sens à sa vie .Je pense que le mien est d’accomplir de grandes œuvres pour le bien des autres(je sais rien que ça)parce que comme tu l’as dit si bien dit c’est en cette optique que je perçois le plus de sensations positives.Tout ceci pour souligner encore une fois la pertinence de ton article .Ne t’arrêtes surtout pas en si bon chemin.Courage