Quel est votre taux d’échec ?
A travers nos expériences professionnelles et personnelles, nous avons tous eu à affronter ce Grand Ennemi qu’est l’Echec. Pour certains, l’Echec est une peur viscérale, pour d’autres, c’est une fatalité, et enfin, quelques-uns semblent ne pas connaître le moindre accroc dans leur perpétuelle réussite. Quel est leur secret ?
Quelle est la fréquence des échecs dans votre vie ?
Est-ce que ce que vous entreprenez est systématiquement voué à l’échec ? Ou est-ce que vous n’avez aucune idée de vos chances de réussite, et croisez les doigts ? Ou enfin, est-ce que vous avez une confiance aveugle en tout ce que vous faites ?
Je ne pense pas que l’une de ces trois approches soit réellement préférable aux autres. En fait, je ne suis pas complètement dans l’un des ces 3 cas, et je parie que vous ne l’êtes pas non plus. Il y a des jours où j’ai le sentiment que je ne serais même pas capable de lacer mes chaussures correctement. Et d’autres jours où je suis convaincu de pouvoir tout réussir, même des paris idiots (ce qui m’a amené à rencontrer les infirmières des urgences de Bordeaux, très sympathiques par ailleurs).
Ce qui est marquant dans l’expérience des personnes que j’ai rencontrées qui sont aux “extrêmes” (échec perpétuel ou grande réussite), c’est qu’elles ont un point commun : elles échouent tout le temps.
Eh oui : il y a d’un côté ceux qui loupent leurs concours, ratent leurs diplômes de fac à 0.2 points près, se plantent bêtement à l’exam du permis, font toujours brûler leur gâteau dans le four…
De l’autre côté, ceux qui ont réussi leur concours ne vous diront pas (ils ne s’en rendent pas compte !) que leur oral était nul, et que c’est l’écrit qui les a sauvé. Ceux qui ont monté une société en grande pompe auront complètement oublié que 4 ans auparavant, ils ont échoué au DEUG. Ceux qui sont heureux en vie de couple ne vous disent pas combien de râteaux ils ont essuyé avant de trouver la perle rare…
(Pour partager quelques détails personnels, j’ai effectivement échoué au DEUG à 0.2 points près, et je m’en porte comme une fleur.)
En fait, nous échouons tous. Et nous échouons tous autant.
Voici une représentation (simpliste) de notre façon traditionnelle d’envisager l’échec :

Cette vision des choses est à mes yeux complètement fausse. En réalité, j’ai constaté que plus je réussissais (dans l’absolu), plus je connaissais d’échecs dans d’autres projets. Et cela semble vrai pour les personnes les plus dynamiques que j’ai côtoyées. Dans les faits, les gens qui réussissent le plus sont celles qui prennent le plus de risques et entreprennent le plus de projets.
Encore un exemple, tiré de mon activité de webmaster : j’ai fondé en 2003 DjGwada, qui est un site Internet aujourd’hui très actif (8000 à 15000 visites par jour) et un franc succès. Mais :
- Ca n’a pas été un succès du premier coup, je dirais même que ce site était un désert total pendant plus d’un an
- Ce n’est pas mon seul site : j’ai à mon actif plusieurs dizaines de sites qui sont restés à l’état d’embryons… ou ont pris 2 ans avant de démarrer (comme mon service de blogs)
Ce qui a fait le succès d’un projet, c’est que j’en avais beaucoup, et que j’ai travaillé d’arrache-pied même après avoir essuyé les premiers revers : piratages répétés, attaques de spammeurs, pertes de données, chute des visites…
Je confesse avoir aussi quelques projets qui sont voués à l’échec. Mais ces projets, je les perpétue dans le but d’apprendre. Il y a énormément à apprendre de l’échec, et si l’on sait se relever, la chute devient une excellente école de la vie.
Différentes stratégies face à l’échec
Ma vision des stratégies de l’échec est plutôt la suivante :
- Rien de ce qu’on fait n’est garanti de réussir
- Par conséquent, tout le monde échoue
- En essayant davantage, on réussit davantage
- En essayant davantage, on échoue aussi davatange : mais si on apprend de ses erreurs, on progresse,
- En progressant, on réduit notre taux d’échec futur.
Du coup, à partir d’un certain stade, nous sommes de plus en plus enclins à entreprendre correctement nos nouveaux projets.
En images, ça donnerait ceci :

Et vous, où en êtes-vous sur ce graphique ? Essayez-vous assez ?
Vos commentaires sont les bienvenus.
Patrice
Excellent article comme d’habitude
On essaye, on essaye, seul le temps jugera notre persévérance 
echec perpetuel ou grande reussite, pourquoi çaa ?
Exellent article, comme à l’accoutumée. (Une fois n’est pas coutume)
La question qui maintenant me taraude est : “Est-ce que la prise de risque s’apparente à une exposition permantente à tous les risques possibles ou à une sortie ponctuelle d’un périmètre confortable ?”
Et autre question : “Comment le faire d’une manière rapide et efficace (quitte à se faire violence) pour gagner en confiance rapidement ?” (Quel que soit le domaine)
Ceci dit, cet article est juste une perle. Une incitation à l’action comme on aimerait en voir plus souvent.
La “prise de risque” telle que je l’entends est :
1 - différente de la Recherche du risque. Prendre un risque : essayer de récupérer un chaton coincé en haut d’un arbre. Chercher le risque : grimper en haut d’un arbre et se pendre la tête en bas pour le fun.
2 - différente de la simple “sortie de sa zone de confort”. Prendre un risque : créer sa 20e entreprise, en misant sur un bluff face aux actionnaires. Sortir de sa zone de confort : créer sa toute 1ere entreprise.
Le but n’est pas de simplement gagner de la confiance en soi, le but est d’avancer. La confiance en soi n’est pas un but ultime, il faut avoir un objectif que l’on souhaite atteindre, une fois armé de cette confiance. Quand je parle de prise de risque, je parle de tenter d’atteindre cet objectif, même si on n’est pas en confiance.
Patrice
[…] pas peur d’échouer ou d’être imparfait… Accouchez […]
Moi je trouve que quand on est deja dans une politique d’échec, il est difficile d’en sortir.
Si on sait qu’on ne s’est pas donné les moyen de reussir, effectivement dans ce cas, on peut encore se reveiller, sachant qu’on a flemmardé.
MAIS,si on a tout essayé, qu’à chaque fois qu’on entreprend quelquechose, c’est toujours à fond et ca foire presque systematiquement, là on arrive dans une politique de dénigrement de soi, on se sous estime, et pr sortir de cet engrenage.
Plus on réflechit, moins on trouve des choses qu’on a pu reussir…
La, je peux te dire qu’on ne reflechit pas sur son voisin, à se dire “ah mais lui aussi echoue”! On est dans un tel degout de soi parfois, que s occuper des autres et de ce qu’ils peuvent vivre comme reussite ou d’echec est le cadet de nos soucis.
Je ne sais pas si le fait de se dire que les autres aussi echouent aide à faire un pas vers la ré-estimation de soi.
Ton article cependant permet de relativiser certaines choses.Felicitations
J’aurais plutot tendance a croire que dans la case “echec perpetuel” la prise de risque est minimale voire nule:
“Ce n’est pas parceque c’est difficile que nous n’osons pas, mais parceque nous n’osons pas que c’est difficile”
Oser c’est imaginer, c’est déjà se mettre en situation de réussite, d’ailleur on voit bien que tu intègre ce fait dans la cas “reussite insolente” en definissant un haut niveau de prise de risque.
Je découvre ton blog que je trouve très interessant.Cet article me touche beaucoup car il expose des concepts qui m’ont permis de me reconcilier avec la religion et de comprendre pourquoi les gens avaient tant besoin de croire
cordialement
Excellent article ! J’ai pour ma part une citation qui me viennent à l’esprit que voici : “Aucune victoire n’est facile, aucun échec n’est définitif” [Comme quoi, il faut lire ce qui accroché au lycée ^^]
C’est en prenant des risques qu’on accomplie des choses !