« Just do It! » Comment Nike a changé ma vie

… et je ne porte même pas de vêtements Nike !

Pendant des années, j’ai cherché comment faire pour venir à bout de mes to-do lists. Comme beaucoup de gens, j’ai traversé plusieurs stades d’organisation :

  1. Ne pas planifier son temps et ses actions, se laisser porter, tout faire au dernier moment. Prendre +10% de malus sur toutes les factures, taxes et impôts pour retard de paiement.
  2. Faire une liste des actions à entreprendre dans la journée/la semaine/le mois (todo list). Obtenir une liste de 52 éléments aux priorités variées, allant de “faire la vaisselle” à “envoyer mon CV à l’entreprise X” en passant par “payer la facture EDF”. Réaliser seulement 6 objectifs (les moins importants) en un mois, et avoir 4 jours pour faire le reste avant saisie des meubles par huissier.
  3. Suivre des systèmes d’organisation sophistiqués, appliquer les matrices de Stephen R. Covey ou planifier mes semaines avec un logiciel de MindMapping, mettre des Post-it partout… Et me retrouver, au moment de faire la tâche hyperimportante X, avec une envie irrépressible de faire une sieste, allumer la TV ou accomplir avec fierté la tâche pasdutoutimportante Y.

J’ai tiré de tout cela une leçon.

Au final, peu importe le système d’organisation qu’on suit (l’essentiel est d’en avoir un). Ce qui fait vraiment la différence entre une journée complètement inutile et une autre où tous les “objectifs” ont été atteints, y compris les plus rébarbatifs, c’est la motivation. C’est la motivation pour atteindre un but plus éloigné qui nous permet de vaincre l’appréhension de réaliser une tâche pour laquelle on se sent trop fatigué, incompétent, ou toute autre excuse.

Malheureusement… On a beau être motivé pour [insérer avenir radieux], on se retrouve fréquemment à réfléchir à deux fois avant de [insérer tâche fastidieuse].

Exemple :

  • En tant qu’étudiant de classe prépa j’étais super motivé pour entrer à l’Ecole Centrale, mais je trouvais toujours mieux à faire que de recopier mes cours de Physique en retard…
  • Lors de ma recherche de stage en première année de Centrale Nantes, j’étais super motivé pour rentrer en Guadeloupe, mais j’avais la flemme de rédiger une lettre de motivation pour le Crédit Agricole de Guadeloupe…

Chaque retard accumulé dans l’exécution des tâches les plus fastidieuses coûte cher en opportunités : emplois, stages, ventes, réussite. Souvent cela coûte beaucoup plus cher en temps et en énergie que la tâche qu’on rechigne à effectuer (et qu’il faudra faire de toute façon).

C’est en lisant un excellent article (en Anglais) de Steve Pavlina sur comment se lever dès la sonnerie du réveil que j’ai réalisé une chose très intéressante : quand on planifie une action on ne peut pas faire confiance à la réflexion de la personne qu’on sera au moment de la réaliser. Je répète : Si je planifie une action (exemple : “Demain midi je dois envoyer 6 lettres de motivation”) je ne peux pas faire confiance au Patrice Aucagos de demain midi pour qu’il fasse le bon choix en pesant le pour et le contre (”faire une sieste ou envoyer les lettres de motivation ?”).

Eh non.

A chaque fois que je me pose la question “est-ce que je remplis ce dossier administratif de 16 pages à envoyer avant le mois prochain, ou est-ce que je vais vérifier mes mails plutôt ?”, eh bien je suis mal parti pour effectuer la plus rébarbative des deux tâches. Et j’imagine que c’est encore pire pour ceux qui ont la télévision, des jeux vidéos ou des DVD chez eux.

Si je ne peux pas faire confiance à cette façon de peser le contre, comment résoudre ce problème ?

La réponse est simple, elle est dans le titre de cet article : JUST DO IT.
FAIS-LE.
Ca peut paraître un peu simpliste d’annoncer que le meilleur moyen pour que les choses soient faites, c’est tout simplement de les faire. Et pourtant, ce n’est pas évident. Il faut être capable de court-circuiter le mécanisme de pensée qui nous fait tergiverser. Pour cela, il faut pouvoir :

  1. Reconnaître ce mécanisme de pensée.
    Il se manifeste souvent soit par une prophétie négative (”pfff… ça va me saoûler…”), soit par un questionnement sur l’utilité de la tâche (”est-ce que je suis vraiment obligé d’envoyer ce dossier ?”), ou sur son urgence (”bon j’avais planifié ça aujourd’hui, mais je peux le faire demain ?”).
  2. L’interrompre immédiatement.
    Dès qu’on commence à répondre à la question, c’est fichu : on a toujours un délai pour envoyer un courrier, passer un coup de fil… on peut toujours se lever un peu plus tard quitte à bousculer un peu l’agenda de la journée… bref, il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la procrastination.
  3. Passer tout de suite à l’action.
    Une fois l’action engagée, on est vite trop absorbé pour repenser aux questions qu’on se posait paresseusement quelques minutes auparavant. Et c’est un plaisir que de barrer cette tâche de sa to-do-list.

Un exemple :

Le réveil sonne, il est 5h30, je l’ai réglé plus tôt pour avoir le temps de rédiger un article avant d’entamer la journée “normale” de boulot.
1. Je suis encore dans les vapes, la première question qui me vient à l’esprit est “qu’est-ce que c’est que cette idée idiote de régler mon réveil aussi tôt !?” et la deuxième “est-ce que je pourrais plutôt rédiger l’article ce midi, et décaler un peu mon réveil ?”
2. Je me souviens que mon réveil a été réglé par le moi de la veille au soir, et que ce type est 1 - très intelligent, 2 - super bien organisé, 3 - digne de confiance. J’arrête de me poser des questions inutiles.
3. Je me lève et titube jusqu’à la douche. Je ressors de la douche en pleine forme (et me rends compte que j’ai oublié d’enlever mon pyjama avant de faire couler l’eau). J’entame avec enthousiasme la rédaction de mon article.
4. Je suis un winner.

Voilà comment le slogan de Nike a changé ma vie. Plus d’action, moins de procrastination.

Just do it !

Patrice
PS : Cet article a été rédigé à 1h du matin, et je tiens à remercier le Patrice Aucagos d’hier soir qui a pensé que j’aurais sûrement envie d’écrire en revenant de soirée Salsa. Tu avais raison.

Déjà 17 commentaires

  1. PP juin 28, 2007 2:49

    Mr Aucagos je suis très content de cet article! Cela me prouve que je suis tout à fait normal loool! ta technique est pas mal! je vais essayer de l’aplliquer mais 23 ans de mauvaises habitudes… c’est chaud

  2. Maxcsis juin 28, 2007 8:46

    Bravo :’)

  3. avid971 juin 28, 2007 11:18

    J’avoue que bien souvent je remet à demain les choses que je peux faire dans le présent.
    Aller on va se motiver et aller de l’avant et comme l’a dit PP juste avant l’appliquer sera chaud.

  4. lorali juin 28, 2007 15:28

    Franchement je suis d’accord avec toi c’est avec de la motivation qu’on peut tout faire. je prends exemple sur moi. Ma mère allait à la plage faire du sport à 5h du mat je lui ai dit qu’elle était folle moi à cet heure-ci c’est mon lit ben maintenant pour que je réussisse mon avenir professionnel faut j’aille faire du sport ben je me lève a 5h30 du mat sans attendre mon réveil et fut un temps pour aller à l’école j’attendais la dernière seconde.

    Franchement sans motivation on est foutu!!!

  5. Romain juin 28, 2007 22:03

    Je me suis demandé si j’allais écrire un commentaire maintenant ou plus tard. Et puis bizarrement, les paroles de Patrice ont retenti. “Just do it”. Alors voila il est écrit. Très bien.

    Romain

  6. Lauw juillet 1, 2007 10:41

    Franchement, la motivation est ce qui me manque le plus en general! Mais bizarrement, j accomplis toujours les taches rebarbatives,meme sans elle! Cependant dans les decisions importantes qui influent sur mon avenir, elle me manque cruellement et me cause bien des soucis!

    Tres bel Article! Je reconnais ton humour et je me suis surprise plusieurs fois et m esclaffer! Je plains les voisins

  7. Romain juillet 1, 2007 16:18

    Patrice, ton article après reflexion suscite chez moi une interrogation.
    Que devient le “Just do it” quand la logistique ne s’y prête pas ? J’ai beau réfléchir mais parfois on ne peut pas l’appliquer par manque d’outils nécessaires à la réalisation de la tâche.

  8. Patrice juillet 1, 2007 17:01

    Romain, si l’action ne peut pas être appliquée sur l’instant, il peut être préférable de “juste” créer un environnement qui rendra son exécution automatique.

    Pour développer ma réponse, j’aimerais cependant que tu cites un exemple de situations où “la logistique ne s’y prête pas”.

  9. Romain juillet 1, 2007 18:21

    Pas de problème. Je prendrais donc un exemple qui m’est arrivé il n’y a pas plus tard que cet après midi. J’étais dans le train pour me rendre chez moi. Et comme à l’habitude, les idées ont fusé et je me suis dis que je voudrais envoyer un mail à une personne. L’idée faisant son chemin, je converse avec moi même et la tournure des phrases de ce mail prennent une belle forme.
    Mais hic, je ne peux pas appliquer cet ingénieux “just do it”, et envoyer ce mail. Logistique “matérielle” ne s’y prêtant pas… pas de PC, connection internet. Ni feuille ou crayon pour au pire marquer c’est idée.
    Seule solution, enregistrer un texto pour me rapeller que je voulais envoyer ce mail. Ce qui m’a ammener à -> Just do it later.
    Vois-tu maintenant ce cas particulier ?

  10. Sophie juillet 2, 2007 16:28

    Ah mais cet article il est trop bien, c’est tout vrai ce que tu dis Patrice. Je me rend compte que sans le vouloir je remet des choses au lendemain et ça me prend la tête après. Il n’y a pas si longtemps j’ai décidé d’arrêter ça mais là avec ton article ça va être plus facile! Merciiiii

  11. avid971 juillet 3, 2007 14:42

    En tout Romain ben tu l’a enregistré ce texto et c’est déja un grnad avancement je pense vis a vis de toi surtout si après ton voyage en train tu a pu écrire grace a ce pense bete ton mail.
    Le fait de lavoir marquer, d’avoir laisser une trace montre le “just do it” “later” comme tu dis est déja un avancement pour ta réussite personnelle.

  12. Sophie juillet 3, 2007 15:46

    C’est clair au moins t’auras pensé à le noter!!!!!

  13. yacine septembre 21, 2007 0:33

    je sais pas comment nike a changè ma vie
    je veuj une repense

  14. […] conclusion : Lancez-vous maintenant ! Et n’ayez pas peur de mal […]

  15. charlie novembre 4, 2007 21:10

    c super

  16. pierre décembre 27, 2007 20:00

    j’ai bien lu ton article,assez juste d’ailleur.Ces pub nike ,avec leurs mots simples st très efficaces. Il y a d’autres slogans tout aussi bon que le mythique just do it: les connais tu? Je ne m’en souviens plus et n’arrive pas à les retrouver. Amicalement

  17. Tootsie avril 28, 2008 18:24

    Excellent article.

    Notamment:

    - J’apprends que je ne suis pas le seul dans le cas. J’ai l’impression que je vais rater ma vie à cause de la manie de tout faire en dernière minute. Et ça ne va pas aller de mieux en mieux, car je rentre à l’université l’année prochaine… Si je n’étudie pas en dernière minute !

    - J’apprends que ça se soigne. Tu en es sorti, et c’est encourageant. Je m’y mettrai … un de ces jours … Hum.

    Bonne continuation.

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